Luxe, calme, et volup(thé) : un samedi de la mode au Bristol

Lassés et fatigués après ce mois de septembre sportif où vous avez dû enchaîner comme dans un marathon toutes les fashion weeks en courant de défilé en défilé ? Et pourtant, déjà triste de voir se clore cette parenthèse féérique… Et si je vous emmenais au samedi de la mode organisé tous les mois par le célèbre palace parisien Le Bristol ? Oui, oui j’ai bien compris que vous avez eu votre dose de catwalks, mais si on vous installe dans le très cosy salon Castellane de l’hôtel, et que l’on vous sert quelques douceurs ? Ah, je vois déjà que je vous changer d’avis.

Il fallait y penser, le Bristol l’a fait : célébrer dans un même événement raffinement visuel et émerveillement des papilles, le tout, sous le signe du luxe. Peut-être une évidence pour cet hôtel qui depuis longtemps s’affirme comme le rendez-vous des couturiers et des passionnés de mode.

DevauzeetdugatLe concept est simple : un tea time élégant et original où se mêlent design et gourmandise. A l’instar des Jimmy Choo Fashion Afternoon Tea, la fameuse adresse parisienne propose depuis 2006 à ses convives de se retrouver autour d’une pause sucrée. Tout en savourant une tasse de thé et en se délectant d’un assortiment de pâtisseries fines et de fingers sandwichs, les invités peuvent assister au défilé privé d’un grand couturier en exclusivité.

Ce samedi 10 octobre, c’était la maison Devauze et Dugat qui venait présenter ses modèles, et célébrer – tout comme le Bristol ! – ses 90 ans.

Devauze et Dugat, c’est avant tout une histoire de famille. Lancée en 2013, la maison est forte d’un riche passé remontant au XIXème siècle, la grand-mère de la créatrice, Geneviève Devauze, exerçant déjà sa passion pour le dessin et la broderie. Enracinée dans l’éthique de la marque, la notion d’héritage se lit dans le logo même, qui est une reprise trait pour trait des armoiries de leur aïeule.

Tradition donc, mais pas passéisme. Au contraire, l’idée de la maison est de revisiter les classiques, les détachant de toute emprise temporelle, tout en les adaptant à l’époque dans laquelle ils évoluent. Sur cette robe, on rajoutera des poches pour plus de commodités, là, on glissera une attache bretelle pour plus de confort.

Résolument, la femme Devauze et Dugat est bien dans sa peau, bien dans son époque, tout en appartenant à aucune. C’est une femme moderne, vivante, dynamique et active.

« Devauze et Dugat, c’est un esprit, non un produit fini » affirme la petite fille de Geneviève Dugat. Dès lors, on ne parle plus de collection, mais de sélection.

Loin de faire dans le détail, ce glissement est essentiel puisque comme le souligne la créatrice elle-même, il s’agit davantage de proposer des modèles que de les imposer aux clientes. On ne peut ici que souligner l’originalité de cette conception dans l’univers du luxe : alors que d’ordinaire la marque impose un modèle, un it bag ou autre, ici, on prône au contraire un travail à quatre mains, comme un acte de co-création mené de front par la créatrice et la cliente. Ensemble, elles iront choisir les tissus, adapteront tel modèle à une morphologie donnée, ajouteront un élément, épaulées dans leur travail par les petites mains des meilleurs ateliers parisiens, comptant certains Meilleurs Ouvriers de France.  Et cette importance du processus créatif aux yeux de la maison, tout à chacun peut en prendre conscience en se rendant au studio de création où est accueilli chaque cliente, et plongeant cette dernière au cœur du métier.

La sélection faite le 10 octobre se veut une relecture de la mode de ces quatre-vingt-dix dernières années. Épurée, la ligne évolue toute en fluidité pour donner de très belles robes de soirées sublimées par un grand travail de broderies. La transparence et les jeux de
matières donnent la part belle aux tissus.Et ce jeu de matières, on le retrouve aussi dans le dessert crée spécialement pour l’occasion par le chef pâtissier Laurent Jeannin.

TeatimeBristol
Alors que le défilé vient de se terminer, une nouvelle création fait son entrée sur les plateaux d’argent: un entremet à l’aspect de velours rouge, où vient se déposer une arabesque en chocolat, ornée d’un bouton de couture. Contrastant avec cette douceur, un sablé breton  en guise de socle amène du croquant à la préparation, et structure l’onctueuse mousse fromage blanc où se se cache un délicieux insert orange et mandarine. Comme dans les pièces présentées par la maison de couture parisienne, tout est question de détails, de contrastes : ici la transparence de la tulle affrontant l’opacité du velours ; là, l’acidité de l’orange venant dynamiser la douceur de la vanille.

Quand ce grand défilé gustatif et esthétique se termine, une impression forte reste : celle d’avoir vécu une expérience multi-sensorielle du luxe. Ou bien, quand la grande gastronomie rencontre la haute couture au sein d’un palace légendaire.

Samedi de la mode, Salon Castellane, Hôtel le Bristol 112, Faubourg Saint Honoré 75001 PARIS.

Formule à 70 euros incluant défilé, thé/café, coupe de champagne, petits fours salés et création originale du chef pâtissier Laurent Jeannin.